Résumé :

Paul Anderen quitte la région parisienne avec ses deux enfants Manon et Clément, âgés de 4 et 9 ans, pour venir s’installer à Saint Malo où il a passé son enfance. Cela fait un an que sa femme Sarah est partie sans laisser de traces, alors ils composent au jour le jour pour vivre tant bien que mal avec cette absence incompréhensible et insupportable.

Extrait :

Ma mère était souvent à la maison, toujours à préparer le café les biscuits pour les voisins qui passaient, qu’elle sorte si peu m’était un mystère, elle s’ennuyait dans cet appartement et la mer était à portée de main. Au fond je n’ai jamais su qui elle était véritablement, qui se cachait derrière ses robes à fleurs et le soin qu’elle prenait de nous. Je ne lui savais ni passion ni véritables amis, je l’avais toujours connue d’humeur égale, ni triste ni joyeuse, discrète et monochrome. Dans l’esprit des gens, je crois qu’elle se confondait avec nous, qu’elle se fondait dans la famille, une pièce du puzzle. Quant à mon père il proposait ce mélange classique et trompeur de silence autoritaire, de froideur et d’attentions réprimées, d’approches maladroites, de virilité bourrue et d’élans contrariés et je m’en suis toujours tenu là. J’imagine qu’il en est ainsi partout, qu’on grandit côte à côte sans jamais se croiser vraiment, méconnus et indéchiffrables. Le concret nous cimente, le quotidien nous lie, l’espace nous colle les uns aux autres, et on s’aime d’un amour étrange, inconditionnel, d’une tendresse injustifiable et profonde, qui ne prend sa source qu’aux lisières.

Avis :

Un livre qui dépeint avec beaucoup d’humanité un drame intime où les personnages tentent de survivre en s’accrochant les uns aux autres et sont plutôt attachants. J’ai apprécié l’écriture avec la description très poétique des paysages ; j’ai un peu regretté le caractère répétitif du récit. Je ne peux pas dire que ça ne m’ait pas plu mais je n’ai pas été subjuguée non plus. L’histoire est très simple, chacun peut s’y identifier sans difficulté et il en ressort une lueur d’espoir. Tout un réseau de personnages secondaires se met en place autour de Paul qui eux aussi ont été abîmés par la vie. C’est peut-être ce ton un peu monocorde qui m’a lassée, comme un horizon gris en arrière-plan que n’ont pas réussi à dissiper les vents violents qui balaient le ciel et pansent les plaies de Paul. J’ai apprécié cette lecture mais elle ne présentait pas le petit plus qui rendrait pour moi ce livre inoubliable. Mais ça m’a quand même donné envie d’aller passer des vacances au bord de la mer en Bretagne (et même sous la pluie).

Clarabel a trouvé ce roman bien écrit mais déprimant. Pour Tulisquoi, c’est un récit poignant. Dédale et Amanda Meyre y ont vu un roman lumineux et d’une force incroyable.

Note :

Olivier Adam (1974) – Français
283 pages – 2009 – ISBN : 978-2-7578-1645-5