Résumé :

Lies est un jeune homme habitant dans une cité. Malgré les difficultés de la vie qui l’entoure, il fait preuve d’un grand dynamisme : il donne des cours de boxe, gère une petite entreprise et s’essaie au cinéma, nourrissant ainsi des rêves tant pour lui que pour ses amis. Malheureusement, les soucis intérieurs et extérieurs (souvent très liés) de la cité freinent ses espoirs dans un milieu de plus en plus instable.

Extrait :

L’horloge sonne pour annoncer la fin des trois minutes d’effort. La salle retrouve un calme digne d’un lieu de prière. Les boxeurs sont réglés comme des montres suisses, 180 secondes de combat et une minute de repos. Lies observe son team récupérer, s’abreuver aux lavabos au-dessus desquels on a punaisé un portrait de lui brandissant sa ceinture de champion. La boxe, c’est son histoire d’amour, elle l’a rendu courageux, fort, humble, conscient qu’il lui aura fallu être champion pour se sentir respecté par une France qui, il n’y a pas si longtemps, s’empressait de renifler si sa paume sentait le gasoil d’un cocktail Molotov. Ses blessures, il a su les suturer, au coup par coup, même si la partie est loin d’être gagnée. Lies n’a pas d’espoir pour les générations futures issues de la tess, pas plus qu’il n’en a pour son éventuelle descendance. Auprès de ses jeunes poulains, il tente toujours de désamorcer l’élan rageur contre la nation, mais au fond il aimerait que tout pète, que l’on cesse de traiter comme des chiens ceux qui n’ont que des crocs pour s’exprimer.

Avis :

Il y a quelques mois, j’avais entendu Rachid Djaïdani parler de son livre dans l’émission “Vol de nuit”. J’avais trouvé ses propos très intéressants du coup avec la sortie en poche de ce livre, j’ai tenté l’aventure et je ne regrette pas. Alors ce n’est pas un livre qui se classera parmi mes coups de coeurs mais il m’a cependant beaucoup plu. Déjà il donne une vision différente de ces “cités” dont on entend souvent parler à la télévision mais rarement en bien. Ensuite, l’histoire est intéressante en ce sens où même s’il s’agit de fiction on sent qu’il y a du vécu derrière, une critique de la société souvent juste, sans pour autant jeter tous les torts sur un seul côté comme c’est souvent le cas. Et puis ça prouve aussi que la culture, que les talents, ne sont pas situés uniquement dans les beaux quartiers de notre pays.

J’en profite pour vous conseiller d’aller faire un tour sur son Myspace, il y a quelques videos intéressantes à regarder et puis je vous insère le passage de l’émission “Vol de nuit” dont j’ai parlé plus haut :

Note :

Rachid Djaïdani (1974) – Français
185 pages – 2007 – ISBN : 978-2-7578-0925-9